Souffrance et harcèlement moral

Nous sommes avec mes collaborateurs spécialistes du harcèlement moral (au travail ou dans la vie social, les manipulateurs.)
Quelques repères pour vous aider :
. En quoi cela nous concerne-t-il si nous ne sommes pas victime ?
Nous sommes concernés en tant que sujet social, au moment où un phénomène d’emprise et de dérive groupale perverse est désigné et reconnu…
Sur des scènes ordinaires, il est très probablement déjà arrivé à chacun d’entre vous d’observer des personnages, de divers statuts, capables, en parlant, de sidérer et de réduire au silence des assemblées.
Entrave réalisée en parvenant à persuader leurs participants qu’ils sont nuls voire qu’ils ont perdu leur dignité. Ceci, en persuadant parfois, parallèlement ou successivement, certains des membres de cette assemblée qu’ils pourraient quant à eux recouvrer leur dignité en acceptant de participer au sacrifice d’un ennemi désigné. Participation de ces derniers, ainsi transformés en complices actifs ou passifs, qui les mènera peut-être eux-mêmes ultérieurement à devenir des proies ; complices devenues à leur insu victimes participantes de leur propre assujettissement, de leur propre paralysie voire de leur propre anéantissement, qu’il/s soi/ent durable/s ou momentané/s.
Ces sombres perspectives (qui en effet font froid dans le dos) sont réalisées essentiellement avec des mots, essentiellement bien sûr car accompagnés d’attitudes suggestives sous-jacentes dans le registre de la communication non verbale, et parfois d’actes effectifs, nous le verrons ensuite ultérieurement.
Nous avons tous été témoins d’attaques perverses : je vous précise d’ailleurs dès maintenant que nous parlerons dans cette présentation d’attaques d’individus fonctionnant sur un mode dit de perversion narcissique et non de perversion sexuelle. Perversion psychosociale et perversion sexuelle dont nous établirons la/les distinction/s au cabinet .ou en stage. Nous avons donc tous été témoins d’attaques perverses, à un niveau ou à un autre, que ce soit dans le couple, dans les familles, dans les entreprises,
Ces attaques consistant à jeter l’opprobre sur des individus ou des catégories en tentant ainsi d’atteindre à leur dignité, leur intégrité, leur narcissisme au nom d’un idéal supérieur que l’attaquant s’octroie le devoir de représenter sans partage.
Cette forme d’agression, qui pourtant peut être repérée par différents facteurs, signaux, indices, éléments que je vous exposerai.
La perversion rend aveugle car elle fascine, séduit et fait peur. Un individu pervers peut fasciner et susciter l’envie, par le fait que son assurance, ses paroles de vérités, sa grande capacité de réversibilité, sa fermeté, son apparente irréprochabilité malgré les attaques qu’elles recouvrent, peuvent facilement conduire à l’imaginer.
Cette forme d’agression, qui mêle souvent discours apparent/de surface et attaques insidieuses, travail de sape ; d’ailleurs/et pourtant être repérée par différents facteurs, signaux, indices, éléments que je vous exposerai.
Il peut exister naturellement une prudence des professionnels à nommer la perversion. On peut d’ailleurs également réserver ce terme à des actes d’une grande cruauté, inimaginables. Cela dit, il existe plusieurs degrés et plusieurs formes de perversion. Le mot pervers choque, dérange mais ne pas nommer la perversion est également un acte grave.
-La perversion narcissique donc dans son sens strict, peut ainsi être comparés à une psychose (qui serait) sans symptômes, dans le sens où, les pervers narcissiques psychosociaux, trouvent leur équilibre, un pseudo-apaisement en déchargeant sur autrui sa douleur qu’il ne ressent pas et les contradictions internes qu’il refuse de percevoir : « Ils ne font pas exprès de faire mal, ils font mal parce qu’ils ne savent pas faire autrement pour exister. Ils ont eux-mêmes été blessés dans leur enfance et essaient de se maintenir ainsi en vie. Ce transfert de douleur leur permet de se valoriser aux dépens d’autrui. »

Comment opère-t-il ?
Il se positionne comme s’il incarnait une autorité supérieure… au mépris du droit, des lois, des règles élémentaires de courtoisie, des faits… désigne l’autre, ses propos ou idées comme illégitimes.
Il disqualifie autrui, , atteint à son intégrité = il est nul, a perdu sa dignité
– Réalité qu’il transfigure à l’aide d’une logique sans foi ni loi
Il ne craint pas d’agresser l’autre en déversant sur lui un tombereau de critiques négatives « retournées », en ce sens qu’elles s’appuient sur une certaine réalité qu’il transfigure à l’aide d’une logique sans foi et qui peut faire illusion/faisant ainsi illusion. Il exerce ainsi sa propension extrême à toujours disqualifier (déprécier, dénigrer, discréditer, délégitimer l’autre, l’objet, le lien ou l’instance où il se trouve)…
Ceci par différents mécanismes :
*Le mécanisme du désaveu (= déclaration lors de laquelle on revient sur ce qui a été dit ou fait) = ce qui est n’est pas. Ce mécanisme passe par l’utilisation de la disqualification, il impose sa pensée, sa logique.
Il utilise la communication non verbale, afin de créer un impact en semant le doute et d’éviter à l’autre de répliquer : soupirs excédés, haussements d’épaules, regards méprisants, ou bien non-dits, sous-entendus, suggestions, malentendus, allusions déstabilisantes ou malveillantes, remarques désobligeantes, indifférence.

Comment s’en protéger ?
Evitez de laisser passer sans rien dire une disqualification perverse, même lorsque celle-ci est lancée ou justifiée comme une boutade.
Evitez de l’aider avant de s’en protéger : les victimes ne prennent pas tout de suite conscience de cette manipulation malveillante. Elles essaient de comprendre et se sentent responsables : « Qu’avons-nous fait pour qu’il nous déteste autant ? ». L’efficacité de leurs attaques tient au fait que la victime extérieure n’imagine pas qu’on puisse être à ce point dépourvu de sollicitude ou de compassion devant la souffrance de l’autre.
C’est un sujet que je développerai dans mes articles à venir.

Article sur les harcèlements rédigés par Helene Royer et Jean Philippe Roux .
Source : tiré du livre d’André Sirota, Figures de la perversion sociale.

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